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AS Saint-Etienne-RC Lens

AS Saint-Etienne-RC Lens

Ce 14 juin 1975, pour la troisième fois en deux semaines, le Parc des Princes affiche complet à l’occasion de cette cinquante-huitième finale de Coupe de France entre St Etienne et Lens. Après l’accueil de la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions entre les Al-lemands du Bayern de Munich et les Anglais de Leeds, le 28 mai (victoire 2-0 pour le Bayern, quatre ans de suspension de toute compétition européenne pour Leeds), et la réception de la demi-finale de Coupe de France entre St Etienne et Bastia, le 7 juin (2-0), le Parc, encore sous le choc des graves incidents provoqués par les hooligans britanniques, s’apprête à recevoir Stéphanois et Lensois dans une ambiance festive.


Les premiers nommés viennent d’échouer en demi-finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions (contre le Bayern, mais après avoir éliminé Split en huitième de finale, lors d’un match retour historique gagné 5-1 à Geoffroy-Guichard qui marquera le début du mythe) et de remporter leur huitième titre de champion de France (le deuxième d’affilé). Ils ont également à leur palmarès quatre coupes de France, la dernière en date remportée un an plus tôt face à l’AS Monaco (2-1), et leur popularité est déjà énorme partout en France. Les seconds, quant à eux, encore en deuxième division deux ans plus tôt, ont éliminé en demi-finale la toute jeune équipe du Paris Saint-Germain, privant ainsi les spectateurs de la capitale d’une surprenante mais alléchante affiche ASSE-PSG, un an seulement après l’arrivée du club parisien parmi l’élite. Le palmarès des Lensois est vierge, leur seul fait de gloire étant constitué d’une finale de Coupe de France perdue en 1948 face à Lille.


Cette finale de Coupe de France est la première diffusée en couleur à la télévision, bien que l’arrivée de cette technologie en France date de 1967. Les appellations « Verts » et « Sang et Or » prennent alors véritablement tout leur sens pour les téléspectateurs. Mais les postes couleur, du fait de la rareté des émissions adaptées à cette technologie, sont encore rares à cette époque. Cela permettra à partir de cette date d’entendre régulièrement ce genre de phrase savoureuse, telle que celle de Pierre Cangioni prononcée en 1977 lors du huitième de finale contre Heindoven : « pour ceux qui ont un poste noir et blanc, on reconnaît sans au-cune difficulté les joueurs de St Etienne à leur maillot clair ». L’année 1975 marque donc un tournant dans cette évolution. Le football se met à la couleur et va être, parallèlement à la baisse rapide des prix de par l’apparition de grandes enseignes, un facteur important de déve-loppement du parc des téléviseurs dans notre pays. Les années 1978 (Coupe du Monde en Argentine), 1980 (Euro en Italie), et surtout 1982 (Coupe du Monde en Espagne) enregistrent en effet une véritable explosion des ventes de postes couleur.

En accompagnement de cette révolution technologique, le nombre des retransmissions va peu à peu augmenter. Il est à noter qu’aucun des huit matchs européens de St Etienne de cette année 75 (Sporting Lisbonne, Hadjuk Split, Ruch Chorzow et Bayern de Munich) n’a fait l’objet d’une retransmission. Seuls les matchs de l’Equipe de France et les finales de Coupe de France bénéficient alors du direct. Ce n’est pas la télévision mais la radio et la presse écrite qui, à cette date, ont relayé les exploits des Verts et façonné leur légende naissante. Il faudra attendre mars 1976 et le quart de finale aller de la Coupe d’Europe des Clubs Champions contre le Dynamo de Kiev pour découvrir enfin le St Etienne européen sur les écrans français. Une retransmission à 16 heures en direct de Simféropol, en Crimée, qui mar-quera véritablement le début de l’Epopée des Verts à la télévision.
Pour l’anecdote, et pour en finir avec l’aspect technique, des ralentis, de piètre qualité, sont proposés lors de cette finale grâce à une caméra unique placée derrière chacun des buts, et agrémentés de l’inscription « ralenti SFP ».


Dans les rangs lensois, ni vedette, ni international. Daniel Leclercq, le grand blond du milieu de terrain, a remporté un titre de champion de France avec Marseille en 1971. A ses côtés, Farès Bousdira, le technicien, honorera son unique sélection en bleu contre la Pologne quelques mois plus tard. Quant au troisième milieu de terrain lensois, Jean-Marie Elie, il sera recruté par St Etienne en 1978, évoluera aux côtés de Michel Platini, et sera sacré champion de France en 1981. Du côté stéphanois, pas plus de vedette, mais deux étrangers d’expérience, Ivan Curkovic et Oswaldo Piazza, associés à des internationaux français, Jean-Michel Larqué (le capitaine) et Hervé Revelli, qui encadrent une génération d’avenir formée au club et qui marquera le football français de 1976 à 1982, avec comme point d’orgue une demi-finale de coupe du monde en 1982. Dominique Bathenay (21ans), Gérard Janvion et Christian Lopez (22 ans) auquel on peut associer Dominique Rocheteau (20 ans, non retenu pour cette finale mais qui éclatera l’année suivante et poursuivra jusqu’au mythique France-Brésil de la Coupe du Monde 1986), totaliseront à eux quatre, à la fin de leur carrière, près de 150 sélections en équipe de France.


Les deux équipes ne jouent pas leur avenir sur ce match. Les Verts sont déjà qualifiés pour la prochaine Coupe d’Europe des Clubs Champions, libérant du même coup une place en Coupe des Coupes aux Sang et Or. Le match, enlevé et alerte, et disputé dans un très bon esprit, révèle la plus grande expérience des Stéphanois qui se sortent sans encombre des quelques situations chaudes devant leur but. Ivan Curkovic, notamment, fait parler toute sa classe en détournant du bout des doigts sur la transversale un tir à bout portant de Daniel Leclercq, peu avant la mi-temps. C’est le tournant du match. En deuxième période, les Verts monopolisent le ballon, et marquent une première fois par Oswaldo Piazza, suite à une de ses chevauchées irrésistibles qui feront sa renommée et la force de St Etienne. En toute fin de match, Jean-Michel Larqué inscrit un second but exceptionnel grâce à une reprise de volée de toute beauté sur un centre de Gérard Janvion. Le geste parfait.
Ce but, dont la photo fera le lundi suivant la une de l’Equipe sous le titre « la fête que la coupe attendait », vaut encore à son auteur, trente ans plus tard, la réputation –justifiée- de maître technicien. Peu de temps après la fin de sa carrière de joueur en 1979, après deux an-nées passées au PSG, Jean-Michel Larqué s’orientera vers le journalisme sportif pour former avec Thierry Rolland un duo célèbre de commentateurs. Le second ne manquera jamais, au cours des vingt-cinq ans que durera leur association, une occasion de faire référence à cette fameuse reprise de volée, ce que le premier, à la modestie inébranlable, ne relèvera qu’en de très rares occasions.


L’équipe stéphanoise qui vient de remporter sa cinquième Coupe de France est, à une exception près (Rocheteau à la place de Patrick Revelli), celle qui débutera la match retour historique contre le Dynamo de Kiev, en mars 1976, en quart de finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions (3-0). Cette stabilité de l ‘effectif, alliée à une solidarité exemplaire, mènera cette génération d’exception au sommet de l’Europe, un an plus tard, le 12 mai 1976 à Glasgow. L’aboutissement de ce que l’on appelle encore aujourd’hui "l’Epopée des Verts".


Bernard Chabrol


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